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Focus · Sécurité des données · Novembre 2026

Vos données confidentielles : la bonne protection pour chaque configuration

Fiches de paie, grand livre, dossiers RH, bilans avant publication : ce sont les données que vous confiez à votre consultant. Ce guide, pensé pour les PME (petites et moyennes entreprises) et les ETI (entreprises de taille intermédiaire), vous aide à reconnaître votre configuration informatique, à comprendre ce qui la menace, à choisir les bons dispositifs et à savoir ce que votre consultant doit mettre en place.

Guide interactif·Pour dirigeants et directions financières·Par Jean-Christophe Leroy
  • 5configurations
  • 9risques comparés
  • 19dispositifs expliqués
  • 22mesures pour le consultant
La défense en profondeur : vos données au centre, entourées de 3 couches de protection VOS DONNÉES CONTRATS & ENGAGEMENTS ORGANISATION & RÈGLES PROTECTIONS TECHNIQUES
La défense en profondeur : si une couche cède, les autres tiennent encore.

L'essentiel

Ce qu'il faut protéger, et pourquoi

Pour mener sa mission, votre consultant a souvent besoin des données les plus confidentielles de votre entreprise. Leur protection repose sur une idée simple : savoir ce que l'on protège, où se trouve la donnée, puis choisir les bons verrous.

Fiches de paie

Salaires, primes, numéro de sécurité sociale, coordonnées bancaires, absences pour maladie.

Données personnelles protégées par le RGPD (Règlement général sur la protection des données). Les absences pour maladie touchent à la santé, une catégorie encore plus protégée.

Grand livre comptable

Toutes les écritures de l'exercice : clients, fournisseurs, marges, rémunérations, litiges.

Secret des affaires : il dévoile la stratégie et la santé financière de l'entreprise. Il contient aussi des données personnelles (notes de frais, salaires).

Données RH

Évaluations, sanctions, contentieux, plans de départ, dossiers individuels.

Une fuite peut déclencher un conflit social, un litige aux prud'hommes ou une atteinte durable à la réputation.

Bilans financiers

Comptes annuels avant publication, prévisions, valorisations, projets de rachat ou de cession.

Avant publication, les résultats d'une société cotée peuvent constituer une information privilégiée (règlement européen MAR, Market Abuse Regulation, sur les abus de marché).

Une donnée vit dans 3 états : il faut protéger les 3

Chaque état a ses propres verrous. Il suffit qu'un seul reste ouvert pour que la donnée soit exposée.

Stockée

« au repos »

Sur un disque, un serveur, une sauvegarde, une clé USB.

Les verrous : chiffrement, sauvegardes isolées.

En déplacement

« en transit »

Envoyée par email, déposée en ligne, synchronisée entre 2 outils.

Les verrous : tunnel chiffré, plateforme d'échange sécurisée.

En cours d'utilisation

« en usage »

Ouverte à l'écran, copiée, analysée, imprimée.

Les verrous : droits d'accès, environnement isolé, traçabilité.

Le maillon faible décide de tout. Un fichier de paie parfaitement chiffré sur le serveur, puis envoyé en pièce jointe classique, redevient lisible pendant le trajet et dans chaque boîte mail où il arrive.

01Configurations

Identifier votre configuration informatique

Avant de parler de solutions, une question : où vivent les données de votre entreprise ? La réponse change les risques, donc les protections. On distingue 5 grandes configurations ; la plupart des PME et des ETI se reconnaissent dans l'une d'elles, très souvent l'hybride.

Marques citées à titre d'exemple, pour vous aider à reconnaître votre situation : ni recommandation, ni partenariat. Statuts vérifiés en novembre 2026 ; les certifications évoluent, et la liste à jour des offres qualifiées SecNumCloud est publiée par l'ANSSI.

Diagnostic express

Quelle est votre configuration ?

Répondez à 2 ou 3 questions, sans aucune connaissance technique. Votre parcours s'affiche ci-dessous.

  1. Question 1Où sont vos fichiers ?

Question 1

Où se trouvent vos fichiers sensibles (paie, comptabilité, RH) ?

Pensez à l'endroit où l'on enregistre et où l'on ouvre ces fichiers au quotidien.

02Risques

Les risques propres à chaque configuration

Chaque configuration a ses points forts et ses fragilités. Choisissez la vôtre pour voir ce qui la menace concrètement, et par où commencer.

Cloud public

Vos données sont chez un grand fournisseur en ligne, sur des serveurs partagés avec ses autres clients.

Vous utilisez des services en ligne : messagerie, stockage de fichiers, logiciel de paie ou de comptabilité accessible par le navigateur. Les machines sont mutualisées entre des milliers d'entreprises, chacune dans son compartiment étanche.

L'image à retenirUn appartement dans une grande résidence : le syndic protège l'immeuble, mais c'est vous qui décidez à qui confier la clé de votre porte.

Les noms que vous connaissez

Infrastructures cloudAmazon Web Services (AWS)Microsoft AzureGoogle CloudOVHcloudScaleway
Bureautique en ligneMicrosoft 365 (OneDrive, SharePoint, Teams)Google Workspace (Drive, Gmail)DropboxBox
Paie, comptabilité, RH en SaaSSilaePayFitCegidSagePennylaneLucca
Autres logiciels en ligneSalesforceHubSpotSlackZoom

Comment la reconnaître

  • Vous vous connectez par un navigateur ou une application, avec un compte en ligne
  • Aucun serveur dans vos locaux
  • Une facture mensuelle par utilisateur

Ses points forts

  • Sécurité physique, mises à jour et surveillance de très haut niveau, assurées par le fournisseur
  • Outils de protection déjà intégrés : chiffrement, double authentification, journaux d'accès

Ses risques spécifiques

  • Élevé
    Partage trop large

    Un lien « toute personne disposant du lien » vers le dossier paie peut être transféré à l'infini, sans aucun contrôle.

  • Élevé
    Compte piraté

    Sans double authentification, un mot de passe volé par un faux email ouvre la messagerie et les fichiers, depuis n'importe où dans le monde.

  • Élevé
    Réglages mal faits

    La sécurité est partagée : le fournisseur protège l'infrastructure, vous réglez les accès. Une case mal cochée suffit à exposer un dossier.

  • Élevé
    Lois étrangères

    Un fournisseur soumis au droit américain (Cloud Act de 2018) peut être contraint de remettre des données, même stockées en Europe.

  • Modéré
    Dépendance au fournisseur

    Récupérer toutes vos données dans un format exploitable en fin de contrat n'est pas toujours simple.

Vue comparée des 5 configurations

Exposition typique à chaque risque, avant toute mesure de protection. Cliquez sur une colonne pour la sélectionner.

Légende :FaibleModéréÉlevé

Faites glisser le tableau vers la gauche pour voir les 5 configurations.

Risque
Vol ou perte d'un appareilPortable, téléphone, clé USB oubliés ou volésModéréFaibleModéréModéréÉlevé
Partage trop large ou mauvais destinataireLien public, dossier ouvert à tous, pièce jointe mal adresséeÉlevéModéréModéréÉlevéÉlevé
Compte piratéMot de passe volé par un faux email (hameçonnage)ÉlevéModéréModéréÉlevéModéré
RançongicielFichiers bloqués, puis menace de publicationModéréModéréÉlevéÉlevéÉlevé
Erreur de réglage techniqueOption de sécurité mal configuréeÉlevéModéréModéréÉlevéFaible
Accès par le fournisseur ou une autorité étrangèreAdministrateurs du prestataire, lois extraterritorialesÉlevéModéréFaibleModéréFaible
Accès conservé après un départSalarié ou intervenant parti qui garde un accès ou une copieModéréModéréModéréÉlevéÉlevé
Absence de traçabilitéImpossible de savoir qui a consulté ou copié quoiFaibleModéréÉlevéModéréÉlevé
Dépendance au fournisseurDifficulté à récupérer ses données en fin de contratÉlevéModéréFaibleModéréFaible

Niveaux indicatifs, à affiner lors d'un état des lieux de votre informatique.

Un risque commun à toutes les configurations : l'IA grand public. Copier un tableau de salaires dans un assistant d'IA gratuit revient à le confier à un service extérieur, sans contrat ni garantie sur sa réutilisation. Ce risque existe quelle que soit votre infrastructure ; la réponse est d'abord organisationnelle (voir l'usage encadré de l'IA générative).

03Dispositifs

Les dispositifs de confidentialité

19 dispositifs, regroupés en 3 familles complémentaires. Aucun ne suffit seul : c'est leur combinaison qui protège. Chaque fiche indique qui agit : votre entreprise, votre consultant, ou vous deux ensemble.

Protections techniques

Les verrous : ils rendent les données illisibles ou inaccessibles aux personnes non autorisées.

Sur les données elles-mêmes

Exposer moins : la meilleure protection reste de ne pas transmettre ce qui n'est pas utile.

Organisation et contrats

Les règles et les engagements : qui a le droit de faire quoi, combien de temps, et que faire en cas de problème.

19 dispositifs · dans l'ordre des familles

Technique

Double authentification MFA

Le mot de passe ne suffit plus : chaque connexion est confirmée sur le téléphone ou avec une clé physique.

En imageComme un paiement en ligne : la carte, puis le code reçu sur le téléphone.

Exemple concret

Le mot de passe de votre directeur financier est volé par un faux email. Sans son téléphone, l'attaquant reste bloqué à la porte.

Exemples d'outilsMicrosoft Authenticator, Google Authenticator, clés de sécurité YubiKey ; déjà inclus dans Microsoft 365 et Google Workspace, à activer.

En savoir plus

MFA signifie Multi-Factor Authentication. Privilégier une application d'authentification ou une clé de sécurité physique plutôt que le SMS, plus facile à détourner. À activer en priorité sur la messagerie, l'espace de fichiers et tous les comptes d'administration, chez vous comme chez votre consultant.

Qui agit : Vous deuxInvestissement : faibleIndispensable dans 4 configurations sur 5

Technique

Droits d'accès au plus juste IAM

Chacun n'accède qu'à ce dont il a besoin pour sa mission, et rien de plus.

En imageUn badge d'hôtel : il ouvre votre chambre, pas celle du voisin, et cesse de fonctionner le jour du départ.

Exemple concret

Votre consultant accède au grand livre, mais pas au fichier nominatif des salaires dont il n'a pas besoin. Tous ses accès s'éteignent automatiquement à la fin de la mission.

Exemples d'outilsMicrosoft Entra ID, Google Workspace, Okta ; gestionnaires de mots de passe Bitwarden, 1Password, Dashlane (fondé à Paris), KeePassXC (certifié CSPN par l'ANSSI).

En savoir plus

C'est le principe du « moindre privilège ». Les droits sont attribués par rôle (RBAC : Role-Based Access Control) plutôt qu'au cas par cas, puis revus à chaque arrivée, départ ou fin de mission. L'ensemble de la gestion des comptes et des droits s'appelle l'IAM (Identity and Access Management).

Qui agit : Vous deuxInvestissement : faibleIndispensable dans 4 configurations sur 5

Technique · au repos

Chiffrement des données stockées

Les fichiers enregistrés deviennent illisibles pour quiconque ne possède pas la clé.

En imageUn coffre-fort : même si on l'emporte, son contenu reste inaccessible sans la combinaison.

Exemple concret

L'ordinateur portable de votre consultant, qui contient vos bulletins de paie, est volé dans le train. Disque chiffré : le voleur obtient un ordinateur à revendre, pas vos données.

Exemples d'outilsBitLocker (Windows), FileVault (Mac), VeraCrypt (logiciel libre) ; clés USB chiffrées Kingston IronKey ou Apricorn Aegis.

En savoir plus

Sur les ordinateurs : BitLocker (Windows, éditions professionnelles) ou FileVault (Mac), inclus sans surcoût. Clés USB et disques externes : modèles chiffrés uniquement. Dans le cloud, le chiffrement est en général activé par défaut, mais c'est alors le fournisseur qui détient la clé (voir « Maîtrise des clés »). Standard de référence : AES-256 (Advanced Encryption Standard).

Qui agit : Vous deuxInvestissement : faibleIndispensable dans les 5 configurations

Technique · en transit

Chiffrement des échanges

Les données voyagent dans un tunnel protégé, de l'expéditeur au destinataire.

En imageUn fourgon blindé plutôt qu'une carte postale : personne ne lit le contenu pendant le trajet.

Exemple concret

Vous déposez l'export de paie sur une plateforme d'échange sécurisée, avec un lien qui expire au bout de 7 jours, au lieu de l'envoyer en pièce jointe.

Exemples d'outilsPlateformes d'échange : Oodrive Work (qualifiée SecNumCloud), Proton Drive (Suisse), Tresorit (groupe La Poste suisse) ; VPN : Fortinet FortiClient, Cisco Secure Client, WireGuard.

En savoir plus

Le cadenas du navigateur signale le protocole TLS (Transport Layer Security). Pour se connecter à distance au réseau d'une entreprise, on passe par un VPN (Virtual Private Network, réseau privé virtuel). Un email classique reste lisible dans chaque boîte où il arrive : pour un fichier sensible, préférer une plateforme d'échange, ou un fichier chiffré dont le mot de passe est transmis par un autre canal (téléphone, SMS).

Qui agit : Vous deuxInvestissement : faibleIndispensable dans les 5 configurations

Technique

Maîtrise des clés de chiffrement BYOK / HYOK

C'est vous, et non le fournisseur, qui détenez les clés qui ouvrent vos données.

En imageLouer un coffre à la banque en gardant la seule clé : la banque garde le coffre, pas son contenu.

Exemple concret

Les données d'un projet de rachat sont chiffrées dans vos murs avant d'être déposées dans le cloud. Même sous la contrainte, le fournisseur ne pourrait remettre que des données illisibles.

Exemples d'outilsAWS KMS, Azure Key Vault, Google Cloud KMS ; boîtiers HSM Thales Luna ; chiffrement côté client de Google Workspace, Double Key Encryption de Microsoft Purview.

En savoir plus

2 niveaux. BYOK (Bring Your Own Key) : vous fournissez votre propre clé, mais le fournisseur peut toujours s'en servir pour faire fonctionner le service. HYOK (Hold Your Own Key) ou chiffrement côté client : la clé ne vous quitte jamais, le fournisseur ne voit que des données illisibles, au prix de certaines fonctions (recherche, aperçu). Les clés sont rangées dans un coffre numérique (KMS : Key Management Service) ou un boîtier matériel dédié (HSM : Hardware Security Module).

Qui agit : Votre entrepriseInvestissement : élevéIndispensable dans 1 configuration sur 5

Technique

Protection des postes de travail EDR

Chaque ordinateur est protégé, à jour, verrouillé en cas d'absence et effaçable à distance.

En imageUne alarme, une porte qui se referme toute seule, et la possibilité de vider le coffre à distance.

Exemple concret

Une fausse facture piégée est ouverte par erreur au service comptable. Le logiciel malveillant est repéré et isolé avant d'atteindre le dossier paie.

Exemples d'outilsEDR : Microsoft Defender for Endpoint, CrowdStrike Falcon, SentinelOne, HarfangLab (éditeur français, EDR qualifié par l'ANSSI) ; gestion des appareils : Microsoft Intune, Jamf (Mac).

En savoir plus

EDR (Endpoint Detection and Response) : antivirus de nouvelle génération qui repère les comportements suspects, pas seulement les virus connus. MDM (Mobile Device Management) : gestion centralisée des appareils, qui impose le chiffrement et permet d'effacer un portable perdu. À compléter par les mises à jour automatiques et un verrouillage de l'écran après quelques minutes.

Qui agit : Vous deuxInvestissement : moyenIndispensable dans les 5 configurations

Technique

Sauvegardes chiffrées et isolées

Des copies de secours chiffrées, dont au moins une hors d'atteinte d'une attaque.

En imageLe double des clés de la maison, déposé chez le notaire plutôt que sous le paillasson.

Exemple concret

Un rançongiciel bloque votre serveur comptable. Le grand livre est restauré à partir de la copie déconnectée de la veille.

Exemples d'outilsVeeam, Acronis, Synology Hyper Backup ; stockage à copies non modifiables chez Wasabi, Backblaze ou votre fournisseur cloud.

En savoir plus

Règle du 3-2-1 : 3 copies, sur 2 supports différents, dont 1 hors site. Au moins une copie doit être déconnectée ou « immuable » (impossible à modifier ou à effacer pendant une durée fixée). Les sauvegardes contiennent les mêmes données sensibles que l'original : elles doivent être chiffrées, leur accès restreint, et leur restauration testée régulièrement.

Qui agit : Votre entrepriseInvestissement : moyenIndispensable dans 3 configurations sur 5

Technique · traçabilité

Journaux d'audit

Chaque ouverture, modification ou téléchargement d'un fichier sensible laisse une trace datée et nominative.

En imageLe registre d'accueil d'un immeuble, complété par une caméra : on sait qui est entré, quand, et ce qu'il a emporté.

Exemple concret

Vous voulez savoir si quelqu'un a téléchargé le fichier des rémunérations des dirigeants. Le journal répond en quelques minutes, noms et heures à l'appui.

Exemples d'outilsJournal d'audit de Microsoft 365 (Microsoft Purview), journaux de la console Google Workspace ; pour centraliser : Microsoft Sentinel, Splunk, Elastic.

En savoir plus

Les journaux doivent être protégés contre la modification et conservés assez longtemps : la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) recommande en général une durée de 6 mois à 1 an. Dans les structures plus importantes, un SIEM (Security Information and Event Management) réunit les journaux et alerte en cas de comportement anormal.

Qui agit : Votre entrepriseInvestissement : moyenIndispensable dans 4 configurations sur 5

Technique

Étiquettes de sensibilité et anti-fuite DLP

Les documents portent une étiquette « Confidentiel » qui déclenche automatiquement les bonnes protections.

En imageL'antivol d'un magasin : l'article circule librement dans les rayons, mais le portique sonne s'il franchit la sortie.

Exemple concret

Un collaborateur tente d'envoyer un fichier étiqueté « Paie : strictement confidentiel » vers sa messagerie personnelle. L'envoi est bloqué et le responsable prévenu.

Exemples d'outilsMicrosoft Purview (étiquettes de sensibilité et DLP), règles DLP de Google Workspace, Netskope.

En savoir plus

DLP signifie Data Loss Prevention (prévention des fuites de données). Ces outils savent aussi repérer automatiquement des contenus sensibles, comme un numéro de sécurité sociale ou des coordonnées bancaires, et proposer l'étiquette adaptée. Ils existent dans les grandes suites bureautiques en ligne, selon le niveau d'abonnement.

Qui agit : Votre entrepriseInvestissement : moyenIndispensable dans 2 configurations sur 5

Technique

Environnement de travail isolé VDR / VDI

Les données restent dans un espace fermé : on vient travailler dedans, on ne les emporte pas.

En imageLa salle de consultation des archives : on lit sur place, sans photocopieuse, et on ne sort pas avec les dossiers.

Exemple concret

Pour analyser votre masse salariale avant un rachat, votre consultant travaille dans une data room virtuelle : lecture à l'écran, filigrane à son nom, téléchargement et impression désactivés.

Exemples d'outilsData rooms : Datasite, SS&C Intralinks, iDeals, Drooms ; postes virtuels : Azure Virtual Desktop, Citrix, Amazon WorkSpaces ; bastion : Wallix Bastion.

En savoir plus

Plusieurs formes : la data room virtuelle (VDR : Virtual Data Room), courante dans les fusions-acquisitions ; le poste de travail virtuel (VDI : Virtual Desktop Infrastructure), qui affiche l'écran à distance sans que les fichiers touchent l'ordinateur du consultant ; le « bastion », point de passage obligé qui filtre et enregistre les interventions des administrateurs informatiques.

Qui agit : Vous deuxInvestissement : élevéIndispensable dans 1 configuration sur 5

Données · le réflexe n°1

Minimisation des données

Ne demander, ne transmettre et ne conserver que les données strictement utiles à la mission.

En imageOn ne photocopie pas tout le dossier quand une seule page suffit.

Exemple concret

Pour analyser l'évolution de votre masse salariale, votre consultant demande un export par service et par mois, sans nom, sans numéro de sécurité sociale ni coordonnées bancaires.

Exemples d'outilsLes exports filtrés de vos logiciels de paie et de comptabilité (Silae, PayFit, Sage, Cegid…) et Power Query dans Microsoft Excel.

En savoir plus

C'est un principe inscrit dans le RGPD (article 5). C'est aussi le dispositif le moins coûteux et le plus efficace : une donnée que l'on n'a pas transmise ne peut pas fuir. À appliquer dès la liste des documents demandés, avant le premier envoi.

Qui agit : Vous deuxInvestissement : faibleIndispensable dans les 5 configurations

Données

Pseudonymisation et anonymisation

Remplacer les noms par des codes, ou rendre toute identification impossible.

En imagePseudonymiser, c'est un ticket de vestiaire : avec le registre, on retrouve le propriétaire. Anonymiser, c'est ne garder que le total : « 42 manteaux, dont 25 noirs ».

Exemple concret

Le fichier de paie transmis à votre consultant affiche « Salarié 0042 » au lieu de « Marie Dupont ». Seule votre DRH (direction des ressources humaines) conserve la table de correspondance.

Exemples d'outilsMicrosoft Excel ou Power Query pour coder les identifiants ; ARX (logiciel libre d'anonymisation) pour les fichiers plus volumineux.

En savoir plus

Nuance essentielle : une donnée pseudonymisée reste une donnée personnelle au sens du RGPD, puisqu'on peut remonter à la personne. Une donnée vraiment anonymisée sort du champ du RGPD, mais c'est exigeant : dans une PME, « le seul directeur export de 58 ans » reste reconnaissable sans son nom. Les remèdes : regrouper par tranches (âge, salaire) et écarter les catégories de moins de quelques personnes.

Qui agit : Votre entrepriseInvestissement : moyenIndispensable dans 1 configuration sur 5

Organisation et contrats

Engagement de confidentialité NDA

Un engagement écrit et signé de ne rien divulguer, par le cabinet et par chacun de ses intervenants.

En imageLe secret professionnel, écrit noir sur blanc et signé de chacun.

Exemple concret

Avant d'accéder à votre grand livre, chaque intervenant du cabinet, y compris un freelance ou un sous-traitant, signe un engagement nominatif qui reste valable après la mission.

Exemples d'outilsSignature électronique : Yousign (Youtrust, éditeur français), DocuSign, Adobe Acrobat Sign.

En savoir plus

NDA signifie Non-Disclosure Agreement (accord de non-divulgation). À préciser : les informations couvertes, la durée (souvent plusieurs années après la mission), l'obligation de restituer ou de détruire, les conséquences d'un manquement. Il complète la lettre de mission, sans remplacer les protections techniques.

Qui agit : Votre consultantInvestissement : faibleIndispensable dans les 5 configurations

Organisation et contrats

Contrat de sous-traitance RGPD DPA

Le contrat qui fixe ce que votre consultant a le droit de faire de vos données personnelles.

En imageLe bail d'un locataire : il dit ce qu'on peut faire du logement, et dans quel état le rendre.

Exemple concret

Le contrat précise la finalité (audit de la paie 2026), la durée, les mesures de sécurité, l'interdiction de recourir à un autre prestataire sans votre accord écrit, et la restitution ou la destruction des fichiers à la fin.

Exemples d'outilsClauses contractuelles types de la Commission européenne (décision 2021/915), guide du sous-traitant de la CNIL ; pages « DPA » de Microsoft, Google, AWS ou de votre éditeur de paie.

En savoir plus

Quand un consultant traite vos fiches de paie pour votre compte, il est en général « sous-traitant » au sens du RGPD, et ce contrat est obligatoire (article 28). Même logique avec vos fournisseurs cloud et ceux du consultant : vérifier leur DPA (Data Processing Agreement) et, si des données sortent de l'Union européenne, les garanties prévues, comme les clauses contractuelles types de la Commission européenne.

Qui agit : Vous deuxInvestissement : faibleIndispensable dans les 5 configurations

Organisation et contrats

Choix de l'hébergeur et de la localisation SecNumCloud

Savoir où se trouvent physiquement vos données, et à quel droit est soumis celui qui les héberge.

En imageChoisir sa banque : on regarde la solidité du coffre, mais aussi le pays dont elle dépend.

Exemple concret

Pour héberger les données RH d'une ETI dans un secteur sensible, la direction retient une offre qualifiée SecNumCloud, hébergée en France.

Exemples d'outilsOffres qualifiées SecNumCloud en novembre 2026 : OVHcloud, Cloud Temple, S3NS (PREMI3NS), Orange Business, NumSpot, Oodrive ; en cours : Bleu, Scaleway. Régions françaises d'AWS, Microsoft Azure et Google Cloud : données en France, mais fournisseurs soumis au droit américain.

En savoir plus

SecNumCloud est la qualification délivrée par l'ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information) aux offres cloud les plus exigeantes, y compris en matière de protection contre les lois non européennes. La liste à jour des offres qualifiées est publiée sur cyber.gouv.fr. À vérifier aussi : la région d'hébergement, les sous-traitants du fournisseur et les conditions de réversibilité.

Qui agit : Votre entrepriseInvestissement : moyenIndispensable dans 3 configurations sur 5

Organisation et contrats

Conservation limitée et destruction

Fixer combien de temps votre consultant garde vos fichiers, puis les détruire vraiment, copies comprises.

En imageLe broyeur de documents, accompagné d'un procès-verbal de destruction.

Exemple concret

30 jours après la remise du rapport, toutes les copies (dossier partagé, portables, sauvegardes, emails) sont effacées, et vous recevez une attestation de destruction.

Exemples d'outilsRègles de conservation de Microsoft Purview, Google Vault ; effacement des disques chiffrés ; destruction des supports par un prestataire spécialisé, avec certificat.

En savoir plus

Les durées légales s'imposent à votre entreprise, pas à votre consultant : 5 ans pour le double des bulletins de paie (Code du travail) et 10 ans pour les documents comptables (Code de commerce). Le consultant ne conserve que ce que prévoit le contrat. Un fichier « supprimé » survit souvent dans la corbeille, les sauvegardes et les pièces jointes : tout recenser avant d'effacer.

Qui agit : Votre consultantInvestissement : faibleIndispensable dans les 5 configurations

Organisation et contrats

Sensibilisation des équipes

Des règles simples, connues de tous, et des réflexes entraînés face aux pièges.

En imageLe code de la route : la meilleure voiture ne protège pas d'un conducteur distrait.

Exemple concret

Vos équipes savent reconnaître un faux email du « président » qui réclame en urgence le fichier des salaires, et savent qui prévenir.

Exemples d'outilsRessources gratuites de Cybermalveillance.gouv.fr ; simulations d'hameçonnage de Microsoft Defender for Office 365.

En savoir plus

Une charte d'une page suffit souvent : où stocker, comment échanger, ce qui est exclu (clé USB personnelle, messagerie privée, outils d'IA grand public). Des exercices de faux hameçonnage (phishing) mesurent les progrès dans le temps.

Qui agit : Vous deuxInvestissement : faibleIndispensable dans les 5 configurations

Organisation et contrats

Usage encadré de l'IA générative

Utiliser l'IA sur des données sensibles uniquement avec des offres professionnelles et des règles claires.

En imageOn ne confie pas ses dossiers à un inconnu sympathique, aussi brillant soit-il.

Exemple concret

Pour résumer un tableau de paie, votre consultant utilise un abonnement d'IA professionnel, configuré pour ne pas réutiliser les données, après avoir remplacé les noms par des codes.

Exemples d'outilsSans entraînement sur vos données par défaut : ChatGPT Business et Enterprise (OpenAI), Claude Team et Enterprise (Anthropic), Microsoft 365 Copilot, Gemini dans Google Workspace. Chez Mistral AI (Vibe, ex-Le Chat), seule l'offre Enterprise l'exclut par défaut : vérifier le réglage des autres offres.

En savoir plus

À vérifier dans le contrat d'une offre d'IA : données non utilisées pour entraîner les modèles, durée de conservation des conversations, lieu d'hébergement, contrat de sous-traitance, journalisation. Les versions gratuites grand public n'apportent généralement pas ces garanties contractuelles. Vérifier aussi le lieu de traitement : certaines fonctions s'appuient sur des modèles traités hors de l'Union européenne.

Qui agit : Vous deuxInvestissement : moyenIndispensable dans les 5 configurations

Organisation et contrats

Plan de réaction en cas d'incident

Savoir à l'avance qui fait quoi dans l'heure qui suit une fuite ou une attaque.

En imageLe plan d'évacuation incendie : on ne l'invente pas pendant que ça brûle.

Exemple concret

Un portable non chiffré contenant vos fiches de paie est perdu. Votre consultant vous prévient le jour même ; vous, responsable des données, disposez de 72 heures pour notifier la CNIL.

Exemples d'outilsCybermalveillance.gouv.fr (assistance aux victimes), téléservice de notification de violation de la CNIL.

En savoir plus

Le consultant, sous-traitant, doit vous alerter dans les meilleurs délais ; votre entreprise notifie la CNIL dans les 72 heures si la fuite présente un risque pour les personnes (RGPD, article 33). Bon à savoir : si le portable perdu était chiffré, la notification peut ne pas être nécessaire, l'incident restant consigné dans un registre interne. Le plan tient sur une page : contacts d'urgence, premiers gestes (couper les accès, changer les mots de passe, préserver les traces), qui communique.

Qui agit : Vous deuxInvestissement : faibleIndispensable dans les 5 configurations

Les outils cités illustrent chaque dispositif ; ils ne constituent ni une recommandation ni un partenariat. Le bon choix dépend de votre configuration, de votre taille et de vos outils existants.

04Protocole du consultant

Ce que votre consultant met en place, étape par étape

Les instructions que votre consultant applique pour protéger vos données au plus haut niveau, et pour pouvoir le prouver. Le socle vaut pour toutes les configurations ; des mesures s'ajoutent selon la vôtre. Chaque mesure se coche : la liste sert de feuille de suivi de mission, pour le consultant comme pour vous.

Protocole adapté à la configuration

0 / 26 mesures en place
1

Avant la mission

Cadrer et s'engager

Tout se décide avant le premier fichier : le contrat, les personnes, les données demandées et les outils.

0 sur 10 cochée
2

Pendant la mission

Protéger au quotidien

Les données restent le moins possible chez le consultant, et chaque accès se justifie.

0 sur 10 cochée
3

À la fin de la mission

Restituer et prouver

La mission se termine quand les données sont rendues ou détruites, et que le client en a la preuve.

0 sur 6 cochée

La garantie

Le dossier de preuves à remettre au client

Une garantie sérieuse se démontre, pièces à l'appui. Ce dossier se constitue avant le premier fichier et se complète à la clôture : il répond aussi aux questions de vos auditeurs, de vos assureurs et de la CNIL.

Ce protocole vise le plus haut niveau de protection atteignable et la capacité à le démontrer à tout moment.

  1. Le contrat de sous-traitance RGPD signé, article 28, avec le droit d'audit du client
  2. Les engagements de confidentialité nominatifs, un par intervenant, freelances compris
  3. La liste des outils et prestataires autorisés, stockage, échange, IA, avec leur lieu d'hébergement
  4. La fiche des mesures de sécurité, poste, comptes et échanges, sur une page
  5. Le plan de réaction en cas d'incident, contacts, premiers gestes, délais
  6. L'attestation d'assurance responsabilité civile professionnelle, risque cyber compris
  7. À la clôture : l'attestation de destruction, et la confirmation écrite de la révocation des accès

05Tableau de correspondance

Quelle solution pour quelle configuration ?

La synthèse en un coup d'œil : d'abord la solution recommandée pour chaque configuration, puis le niveau de priorité de chaque dispositif.

Cloud public

Double authentification pour tous, un espace « Paie et RH » réservé à une liste nominative, liens publics interdits, étiquettes de sensibilité qui bloquent l'envoi vers l'extérieur et hébergement en Europe. Pour les données les plus sensibles : des clés de chiffrement que vous détenez, ou une offre qualifiée SecNumCloud.

Sur site (on-premise)

Des sauvegardes chiffrées dont une copie déconnectée ou non modifiable, un antivirus de nouvelle génération (EDR : Endpoint Detection and Response) sur chaque poste et serveur, aucun accès à distance sans VPN et double authentification, le dossier paie réservé à un groupe nominatif avec l'historique des accès activé.

Poste local

Disques chiffrés (BitLocker sur Windows, FileVault sur Mac), verrouillage automatique de l'écran, clés USB chiffrées uniquement, plateforme d'échange sécurisée avec lien qui expire à la place de l'email, seulement les colonnes utiles, puis effacement de toutes les copies en fin de mission avec attestation de destruction.

Le tableau de correspondance complet

Légende :IndispensableRecommandéUtileNon concerné

Faites glisser le tableau vers la gauche pour voir les 5 configurations.

Dispositif
Protections techniques
Double authentificationIndispensableIndispensableIndispensableIndispensableRecommandé
Droits d'accès au plus justeIndispensableIndispensableIndispensableIndispensableRecommandé
Chiffrement des données stockéesIndispensableIndispensableIndispensableIndispensableIndispensable
Chiffrement des échangesIndispensableIndispensableIndispensableIndispensableIndispensable
Maîtrise des clés de chiffrementRecommandéIndispensableUtileRecommandéNon concerné
Protection des postes de travailIndispensableIndispensableIndispensableIndispensableIndispensable
Sauvegardes chiffrées et isoléesRecommandéRecommandéIndispensableIndispensableIndispensable
Journaux d'auditIndispensableIndispensableIndispensableIndispensableUtile
Étiquettes de sensibilité et anti-fuiteIndispensableRecommandéRecommandéIndispensableUtile
Environnement de travail isoléRecommandéIndispensableRecommandéRecommandéRecommandé
Sur les données elles-mêmes
Minimisation des donnéesIndispensableIndispensableIndispensableIndispensableIndispensable
Pseudonymisation et anonymisationRecommandéRecommandéRecommandéRecommandéIndispensable
Organisation et contrats
Engagement de confidentialitéIndispensableIndispensableIndispensableIndispensableIndispensable
Contrat de sous-traitance RGPDIndispensableIndispensableIndispensableIndispensableIndispensable
Choix de l'hébergeur et de la localisationIndispensableIndispensableUtileIndispensableUtile
Conservation limitée et destructionIndispensableIndispensableIndispensableIndispensableIndispensable
Sensibilisation des équipesIndispensableIndispensableIndispensableIndispensableIndispensable
Usage encadré de l'IA générativeIndispensableIndispensableIndispensableIndispensableIndispensable
Plan de réaction en cas d'incidentIndispensableIndispensableIndispensableIndispensableIndispensable

Lecture : en cloud public, la double authentification est indispensable ; la maîtrise des clés est recommandée, et devient indispensable pour les données très sensibles (projet de rachat, bilan non publié).

06Glossaire

Les mots de la confidentialité, en clair

Les termes techniques et les sigles de ce guide, expliqués en une ou deux phrases.

49 termes
AES-256Advanced Encryption Standard
Standard de chiffrement de référence, utilisé par les banques et les administrations. Le nombre 256 indique la longueur de la clé : la casser par essais successifs est hors de portée des moyens actuels.
Anonymisation
Transformation irréversible : plus personne, pas même le détenteur du fichier, ne peut retrouver l'identité des personnes. Les données anonymisées sortent du champ du RGPD.
ANSSIAgence nationale de la sécurité des systèmes d'information
Autorité française de cybersécurité. Elle publie des guides de bonnes pratiques et délivre la qualification SecNumCloud.
Attestation de destruction
Document daté et signé par lequel le prestataire certifie avoir détruit les données confiées, avec la liste des emplacements traités.
Bastion
Point de passage obligé et surveillé par lequel les administrateurs informatiques accèdent aux serveurs ; chacune de leurs actions y est enregistrée.
BYOK / HYOKBring Your Own Key / Hold Your Own Key
Vous apportez votre propre clé de chiffrement au fournisseur (BYOK), ou vous la gardez entièrement chez vous (HYOK) pour que le fournisseur ne puisse jamais lire les données.
Chiffrement
Procédé qui transforme une information en une suite de caractères illisible ; seule la personne qui possède la clé peut la remettre en clair.
Cloud ActClarifying Lawful Overseas Use of Data Act
Loi américaine de 2018 qui permet aux autorités des États-Unis d'exiger d'un fournisseur américain les données qu'il contrôle, y compris quand elles sont stockées hors des États-Unis. Il concerne notamment Amazon, Microsoft et Google.
Cloud privé
Infrastructure informatique réservée à une seule entreprise, souvent hébergée et administrée par un prestataire. Ex. : OVHcloud Hosted Private Cloud, Cloud Temple, S3NS.
Cloud public
Services informatiques en ligne mutualisés entre de nombreux clients, fournis par un grand opérateur. Ex. : AWS, Microsoft Azure, Google Cloud, OVHcloud, Scaleway.
CNILCommission nationale de l'informatique et des libertés
Autorité française de protection des données personnelles. C'est elle qu'il faut notifier en cas de fuite présentant un risque pour les personnes.
Compte invité
Accès nominatif accordé à une personne extérieure dans l'espace en ligne d'une entreprise, avec des droits limités et révocables à tout moment.
Data room virtuelleVDR, Virtual Data Room
Espace en ligne sécurisé où des documents confidentiels se consultent à l'écran, avec des droits fins, un filigrane et un historique, sans pouvoir être téléchargés. Ex. : Datasite, SS&C Intralinks, iDeals.
DLPData Loss Prevention
Outils de prévention des fuites : ils repèrent les contenus sensibles et bloquent leur sortie non autorisée (email externe, clé USB, site de partage).
DPAData Processing Agreement
Nom anglais du contrat de sous-traitance prévu par l'article 28 du RGPD.
EDREndpoint Detection and Response
Protection des postes de nouvelle génération : elle repère les comportements suspects et peut isoler l'appareil attaqué. Ex. : Microsoft Defender for Endpoint, CrowdStrike, SentinelOne, HarfangLab.
ERPEnterprise Resource Planning
Progiciel de gestion intégré qui réunit comptabilité, achats, ventes, stocks et parfois la paie. Ex. : SAP, Sage, Cegid, Microsoft Dynamics 365.
ETIEntreprise de taille intermédiaire
Entreprise de 250 à 4 999 salariés, avec un chiffre d'affaires d'au plus 1,5 milliard d'euros ou un total de bilan d'au plus 2 milliards d'euros.
Hameçonnagephishing
Faux email, SMS ou appel qui imite un interlocuteur de confiance pour voler un mot de passe ou faire ouvrir un fichier piégé.
HSMHardware Security Module
Boîtier matériel ultra-sécurisé qui stocke les clés de chiffrement et ne les laisse jamais sortir. Ex. : Thales Luna, AWS CloudHSM.
Hybride
Organisation qui combine serveurs internes et services en ligne, avec des échanges de données entre les deux.
IAMIdentity and Access Management
Gestion des identités et des accès : création des comptes, attribution des droits, retrait au départ des personnes. Ex. : Microsoft Entra ID, Okta, Google Workspace.
Infogéreur
Prestataire qui exploite et maintient tout ou partie de l'informatique d'une entreprise, souvent dans son propre centre de données.
Journal d'auditaudit log
Historique daté de qui a consulté, modifié, téléchargé ou supprimé quoi.
KMSKey Management Service
Service qui crée, range, renouvelle et révoque les clés de chiffrement. Ex. : AWS KMS, Azure Key Vault, Google Cloud KMS.
MARMarket Abuse Regulation
Règlement européen sur les abus de marché : il encadre les informations privilégiées, comme les résultats non encore publiés d'une société cotée.
MDMMobile Device Management
Gestion centralisée des ordinateurs et des téléphones : elle impose les réglages de sécurité et permet d'effacer un appareil perdu. Ex. : Microsoft Intune, Jamf.
MFAMulti-Factor Authentication
Double authentification : en plus du mot de passe, une seconde preuve (application sur téléphone, clé physique).
Moindre privilège
Principe selon lequel chacun reçoit uniquement les droits nécessaires à sa tâche, et pour la durée nécessaire.
NDANon-Disclosure Agreement
Accord de confidentialité, ou de non-divulgation, signé par les personnes qui accèdent à des informations sensibles.
On-premisesur site
Serveurs et logiciels installés dans les locaux de l'entreprise et exploités par elle.
PMEPetite et moyenne entreprise
Entreprise de moins de 250 salariés, avec un chiffre d'affaires d'au plus 50 millions d'euros ou un total de bilan d'au plus 43 millions d'euros.
Pseudonymisation
Remplacement des noms par des codes. Réversible avec une table de correspondance : la donnée reste personnelle au sens du RGPD.
Rançongicielransomware
Logiciel malveillant qui bloque les fichiers en les chiffrant et réclame une rançon ; les attaquants copient souvent les données au passage et menacent de les publier.
RBACRole-Based Access Control
Attribution des droits par rôle (« comptabilité », « paie », « direction ») plutôt que personne par personne.
Registre des traitements
Document qui recense les traitements de données personnelles ; le sous-traitant tient le sien pour les traitements effectués pour ses clients (RGPD, article 30).
Responsable de traitement
Organisation qui décide pourquoi et comment des données personnelles sont utilisées. Pour la paie, c'est l'employeur, donc votre entreprise.
Réversibilité
Capacité à récupérer l'ensemble de ses données, dans un format exploitable, à la fin d'un contrat.
RGPDRèglement général sur la protection des données
Règlement européen 2016/679, applicable depuis mai 2018, qui encadre l'utilisation des données personnelles.
SaaSSoftware as a Service
Logiciel utilisé en ligne par abonnement, sans installation sur les ordinateurs. Ex. : Microsoft 365, Salesforce, Silae, PayFit.
SecNumCloud
Qualification de l'ANSSI réservée aux offres cloud qui respectent un référentiel de sécurité très exigeant, incluant la protection contre les lois non européennes. Offres qualifiées en novembre 2026 : OVHcloud, Cloud Temple, S3NS, Orange Business, NumSpot, Oodrive.
SIEMSecurity Information and Event Management
Outil qui rassemble les journaux de tous les systèmes et alerte en cas d'anomalie. Ex. : Microsoft Sentinel, Splunk, Elastic.
Sous-traitant (RGPD)
Organisation qui traite des données personnelles pour le compte et sur instruction d'un client, le responsable de traitement. C'est en général le cas de votre consultant.
Sous-traitant ultérieur
Prestataire auquel le sous-traitant fait lui-même appel (hébergement, IA, transcription) ; son intervention exige l'autorisation écrite du client.
SSOSingle Sign-On
Connexion unique : un seul compte, protégé par double authentification, ouvre tous les outils et se coupe en un clic au départ d'une personne. Ex. : Microsoft Entra ID, Okta, Google.
TLSTransport Layer Security
Protocole qui chiffre les échanges sur internet ; c'est lui qu'indiquent le cadenas du navigateur et l'adresse en « https ».
VDIVirtual Desktop Infrastructure
Poste de travail virtuel : l'écran s'affiche à distance, les fichiers ne quittent jamais le serveur. Ex. : Azure Virtual Desktop, Citrix, Amazon WorkSpaces.
Violation de données
Tout incident qui entraîne la perte, la divulgation ou l'accès non autorisé à des données personnelles, même accidentel.
VPNVirtual Private Network
Réseau privé virtuel : un tunnel chiffré entre un ordinateur distant et le réseau de l'entreprise. Ex. : Fortinet FortiClient, Cisco Secure Client, WireGuard.

Questions fréquentes

Confidentialité des données : les questions des dirigeants

Un consultant peut-il recevoir les fiches de paie d'une entreprise ?

Oui, dans un cadre précis. Le consultant agit en général comme sous-traitant au sens du RGPD : un contrat conforme à l'article 28 fixe la finalité, la durée, les mesures de sécurité et le sort des données en fin de mission. Il ne reçoit que les champs utiles à l'analyse, de préférence pseudonymisés, par un canal chiffré.

Le cloud public est-il moins sûr qu'un serveur installé dans l'entreprise ?

Pas nécessairement : les risques changent de nature. Le cloud public apporte une sécurité physique et des mises à jour de très haut niveau, mais expose aux partages trop larges, aux comptes piratés et aux lois étrangères. Le serveur interne garde les données dans l'entreprise, mais reste une cible privilégiée des rançongiciels et dépend des moyens de l'équipe informatique.

Quelle différence entre pseudonymisation et anonymisation ?

La pseudonymisation remplace les noms par des codes ; une table de correspondance permet de retrouver les personnes, et la donnée reste soumise au RGPD. L'anonymisation rend toute identification impossible, même en croisant les informations ; les données sortent alors du champ du RGPD.

Que faire si un ordinateur contenant des données de paie est perdu ?

Le consultant prévient l'entreprise le jour même. L'entreprise, responsable des données, notifie la CNIL dans les 72 heures si la perte présente un risque pour les salariés (RGPD, article 33). Si le disque était chiffré, la notification peut ne pas être nécessaire ; l'incident est alors consigné dans le registre interne des violations.

Peut-on utiliser l'IA générative sur des données RH ou financières ?

Oui, avec une offre professionnelle dont le contrat exclut l'entraînement des modèles sur les données, précise la durée de conservation et le lieu d'hébergement. Les outils gratuits grand public sont à écarter pour ces données, et les noms sont remplacés par des codes avant tout traitement.

Quelles preuves demander à un consultant avant de lui confier des données sensibles ?

Le contrat de sous-traitance RGPD signé, les engagements de confidentialité de chaque intervenant, la liste des outils et prestataires utilisés, une fiche des mesures de sécurité, le plan de réaction en cas d'incident et une attestation d'assurance responsabilité civile professionnelle couvrant le risque cyber. En fin de mission : l'attestation de destruction des données.

Combien de temps un consultant peut-il conserver les données de l'entreprise ?

Le temps fixé par le contrat, en général la durée de la mission et une courte période de clôture. Les durées légales de conservation, 5 ans pour le double des bulletins de paie et 10 ans pour les documents comptables, s'imposent à l'entreprise, pas au consultant.

À retenir

La confidentialité tient à l'addition de protections simples, bien appliquées, adaptées à l'endroit où vivent vos données, et à la capacité de votre consultant à prouver ce qu'il a mis en place.

Pour commencer, 2 gestes qui coûtent peu et évitent beaucoup : ne transmettre que les données utiles à la mission, et activer la double authentification partout.

Références

  • Règlement (UE) 2016/679 (RGPD), articles 5, 9, 28, 30, 32, 33 et 34.
  • CNIL, Guide de la sécurité des données personnelles, édition 2024.
  • CNIL, recommandation relative à la journalisation (2021).
  • ANSSI, référentiel SecNumCloud et liste des offres qualifiées (cyber.gouv.fr).
  • Code du travail, article L3243-4 ; Code de commerce, article L123-22.
  • Règlement (UE) 596/2014 sur les abus de marché (MAR).
  • Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act (Cloud Act), États-Unis, 2018.

Prendre contact

Cadrer la confidentialité dès le premier échange.

Un entretien de cadrage de 30 minutes avec Jean-Christophe Leroy, fondateur de Devantia et Senior Advisor Transformation IA chez Executive Partners Group. Vous repartez avec une lecture de votre configuration, les protections à mettre en place en priorité et la liste des documents à exiger avant toute mission. Sans engagement, échanges confidentiels, secret des affaires respecté.